La césarienne concerne une naissance sur cinq en France. Loin d'être anodine, cette intervention chirurgicale sauve des vies mais comporte aussi des risques. Découvre comment la préparer, la vivre en conscience et accompagner ton corps dans la récupération.
La césarienne est une intervention chirurgicale majeure qui permet la naissance de ton bébé par une incision pratiquée dans le bas-ventre et l'utérus. En France, elle concerne environ 20 à 21% des naissances, un taux qui reste stable depuis plusieurs années.
Pour réaliser une césarienne, l'équipe médicale doit :
Inciser la peau (environ 10 cm horizontalement, au niveau du pubis)
Écarter les muscles abdominaux
Passer à travers le péritoine
Ouvrir l'utérus (hystérotomie)
Extraire le bébé
Délivrer le placenta
Refermer l'utérus
Refermer le péritoine
Refermer les muscles
Refermer la peau
Ce n'est pas un acte anodin. C'est une véritable chirurgie qui nécessite anesthésie, incision de plusieurs couches de tissus, et une récupération post-opératoire.
L'essentiel à retenir
Même si elle est devenue courante et que les techniques se sont améliorées, la césarienne reste une chirurgie avec ses risques. Elle sauve des vies dans de nombreuses situations, mais quand elle n'est pas médicalement nécessaire, elle expose la mère et le bébé à des complications évitables.
Préparer l'éventualité d'une césarienne, en l'incluant dans le projet de naissance, peut être déterminant pour limiter son impact et son potentiel traumatique.
Une césarienne programmée est décidée à l'avance, généralement autour de 39 semaines d'aménorrhée (environ 8 mois et demi de grossesse). Elle est proposée quand :
Le bébé se présente en siège ou en position transverse et qu'un accouchement par voie basse n'est pas retenu
Tu as un placenta prævia (placenta recouvrant le col de l'utérus)
Tu as des antécédents médicaux (certaines pathologies cardiaques, infections comme l'herpès génital actif ou le VIH non contrôlé)
Tu as un utérus cicatriciel (antécédent de césarienne) et que les conditions ne permettent pas d'envisager un AVAC
Tu portes des grossesses multiples dans certaines configurations
Le bébé présente une macrosomie importante (poids estimé très élevé) associée à d'autres facteurs de risque
Point important : La principale raison de césarienne en France est... d'avoir déjà eu une césarienne ! C'est ce qu'on appelle la "césarienne itérative", qui représente une part importante des indications alors que l'AVAC (Accouchement Vaginal Après Césarienne) est souvent possible.
La césarienne en urgence est décidée pendant la grossesse ou en cours de travail, quand une complication survient, par exemple :
Souffrance fœtale : le monitoring cardiaque montre que bébé ne supporte plus les contractions
Hémorragie : décollement prématuré du placenta (hématome rétroplacentaire)
Procidence du cordon : le cordon ombilical sort avant le bébé et risque la compression
Dans ces situations, la césarienne est vitale et salvatrice. Aucun jugement ne doit peser sur cette décision médicale.
Dans la grande majorité des cas (surtout pour les césariennes programmées), l'anesthésie est loco-régionale :
Rachianesthésie (rachi) : injection unique dans le liquide céphalo-rachidien, effet rapide
Péridurale : cathéter permettant des injections répétées
Tu restes éveillée et consciente pendant toute l'intervention, ce qui permet de vivre la naissance, d'entendre ton bébé et parfois de le prendre en peau à peau immédiatement.
L'anesthésie générale n'est utilisée qu'en cas d'urgence vitale extrême ou de contre-indication à la loco-régionale.
Durée totale : 30 à 60 minutes environ
Extraction du bébé : en quelques minutes (3 à 10 minutes généralement)
Suture : le reste du temps est consacré à refermer les différentes couches de tissus
Un champ opératoire (tissu stérile) est installé entre ton visage et ton ventre pour des raisons d'asepsie. De plus en plus de maternités proposent des champs transparents ou la possibilité de baisser le champ au moment de la naissance pour que tu puisses voir ton bébé arriver. N'hésite pas à poser la question à ta maternité en amont (dans ce pack, tu trouveras la checklist des questions à poser à la sage-femme pour être sûre de ne rien oublier).
Si tout va bien pour le bébé :
Il est présenté rapidement à la maman
Le peau à peau peut être fait immédiatement ou dès que possible
Le co-parent peut être présent (selon les protocoles de la maternité) et faire lui aussi le peau à peau si maman est encore en cours de suture
Certaines maternités proposent le peau à peau dès le bloc, avec une couverture chauffante. N'hésite pas à te renseigner en amont.
Si le bébé a besoin de soins :
L'équipe pédiatrique intervient immédiatement
Le co-parent peut accompagner le bébé pendant que maman est suturée
Le peau à peau et la première mise au sein se feront dès que l'état du bébé le permet
Comme toute chirurgie, la césarienne comporte des risques qu'il est important de connaître, sans catastrophisme mais avec lucidité.
À court terme :
Hémorragie post-partum plus fréquente (risque d'anémie secondaire, impact sur la lactation)
Infections : infection de la cicatrice, infection urinaire, exceptionnellement infection généralisée
Lésions accidentelles des organes adjacents (vessie, intestins, vaisseaux sanguins) - rares mais possibles
Complications thromboemboliques : phlébite, embolie pulmonaire (d'où l'importance du lever précoce)
Douleurs post-opératoires et difficultés de mobilité les premiers jours
Déhiscence de la cicatrice cutanée (réouverture de la plaie) : très rare mais possible, surtout en cas d'infection, de mauvaise cicatrisation, ou si tu soulèves des charges trop lourdes trop tôt
Éviscération : complication exceptionnelle mais gravissime où la cicatrice s'ouvre et les organes internes (intestins, épiploon) commencent à sortir par l'incision. C'est une urgence chirurgicale absolue qui nécessite une intervention immédiate
À moyen et long terme :
Adhérences : les tissus peuvent se coller entre eux (organes, utérus, paroi abdominale), causant douleurs chroniques ou problèmes fonctionnels
Cicatrice douloureuse : sensibilité altérée, tiraillements, parfois douleurs chroniques
Déhiscence utérine (isthmocèle) : défaut de cicatrisation au niveau de l'utérus lui-même, formant une poche/diverticule dans la paroi utérine. Cette complication est relativement fréquente (présente chez 20 à 60% des femmes ayant eu une césarienne selon les études, avec une variabilité importante), mais la grande majorité est asymptomatique. Seulement 30 à 40% des femmes avec isthmocèle développent des symptômes : saignements prolongés après les règles, douleurs pelviennes chroniques, infertilité secondaire. L'isthmocèle augmente aussi le risque de complications lors des grossesses suivantes (rupture utérine, placenta accreta)
Risque accru d'endométriose sur la cicatrice
Grossesses ultérieures à risque : utérus cicatriciel, risque de grossesse ectopique sur cicatrice de césarienne (implantation de l'embryon dans la cicatrice utérine), risque de placenta accreta (placenta anormalement accroché sur la cicatrice), risque augmenté d'hémorragie lors des prochains accouchements, risque de rupture utérine lors d'un AVAC (0,5 à 1%)
AVAC pas toujours soutenu : difficulté à trouver une maternité acceptant un accouchement par voie basse après césarienne
Troubles du microbiome vaginal et flore intestinale maternels (antibiotiques prophylactiques systématiques)
Impact psychologique :
Sentiment de perte de contrôle ou de "défaillance" du corps
Déception si la césarienne n'était pas prévue ou souhaitée
Parfois syndrome de stress post-traumatique (surtout en cas de césarienne en urgence non préparée)
Difficulté à intégrer cette naissance dans son histoire
Si la césarienne est programmée AVANT le début du travail :
Risque de prématurité iatrogène : si la datation de la grossesse était imprécise, le bébé peut naître avant terme
Détresse respiratoire transitoire : les poumons du bébé, n'ayant pas bénéficié du "massage" des contractions et de la compression du passage dans le bassin, contiennent plus de liquide amniotique. Le risque de détresse respiratoire est multiplié par 7 avant 39 SA
Maturation incomplète : le bébé n'a pas bénéficié du processus métabolique et hormonal qui se met en place dans les 48h précédant l'accouchement et pendant les contractions. Ce processus prépare notamment la transition de la vie aquatique (poumons remplis de liquide) à la vie aérienne (respiration autonome)
Hypothermie : capacité à réguler sa température corporelle moins efficace
Réflexe de succion moins efficace : bébé peut réclamer moins et avoir plus de difficultés à s'alimenter au début
Dans tous les cas de césarienne :
Clampage précoce du cordon (plus fréquent) : le sang placentaire, riche en fer et en cellules souches, reste dans le placenta au lieu d'aller au bébé
Séparation mère-bébé plus fréquente (même brève) : impact sur la production d'ocytocine et le démarrage du lien d'attachement
Allaitement potentiellement plus difficile à démarrer : douleurs maternelles, difficultés de positionnement, séparation, anesthésie
Absence de contact avec la flore vaginale et fécale maternelle : le microbiote intestinal du bébé né par césarienne est différent de celui d'un bébé né par voie basse (plus de bactéries hospitalières et cutanées, moins de bifidobactéries protectrices)
Impact du microbiote perturbé : augmentation statistique du risque d'asthme, d'allergies, d'eczéma, de troubles métaboliques et potentiellement troubles gastro-intestinaux et de santé mentale plus tard dans la vie (les études sont en cours)
Exposition aux antibiotiques maternels : tous les bébés nés par césarienne reçoivent indirectement les antibiotiques prophylactiques donnés à leur mère

Le microbiote intestinal (anciennement appelé flore intestinale) joue un rôle fondamental dans le développement du système immunitaire de ton bébé.
Lors du passage dans le vagin, le bébé entre en contact avec les bactéries vaginales et fécales de sa mère. Ces "bonnes bactéries" vont coloniser son intestin et constituer les premières bases de son microbiote. En particulier, les bifidobactéries et les lactobacilles, essentielles pour :
Le développement du système immunitaire
La protection contre les pathogènes
La digestion
La production de certaines vitamines
Et lors d'une césarienne ?
Le bébé né par césarienne :
Ne passe pas par le vagin et n'entre pas en contact avec ces bactéries
Est principalement colonisé par des bactéries de l'environnement hospitalier et de la peau
A un microbiote moins diversifié et moins riche en bifidobactéries
Reçoit indirectement des antibiotiques (ceux donnés à la mère), qui perturbent encore plus l'équilibre de sa flore
Cette différence de colonisation initiale peut avoir des conséquences à long terme, avec un risque statistiquement augmenté (mais pas systématique !) de :
Allergies et asthme
Eczéma
Diabète de type 1
Obésité
Troubles digestifs
Possiblement troubles du neurodéveloppement
Que peut-on faire ?
L'allaitement maternel est la première et la plus efficace des interventions :
Le lait maternel contient des prébiotiques (oligosaccharides) qui nourrissent les bonnes bactéries
Il contient des probiotiques (bactéries vivantes)
Il contient de la lactoferrine qui stimule la croissance des bifidobactéries
Les études montrent que l'allaitement exclusif permet de partiellement restaurer le microbiote des bébés nés par césarienne
Le transfert de microbiote vaginal (ou "seeding") : Une compresse stérile est placée dans le vagin de la mère avant la césarienne, puis appliquée sur le visage, la bouche et le corps du bébé juste après la naissance. Certaines études montrent :
Une amélioration du neurodéveloppement à 6 mois
Une composition du microbiote plus proche de celle d'un bébé né par voie basse
Une meilleure maturation du microbiote intestinal
⚠️ Attention : Cette pratique n'est pas recommandée en cas d'infection maternelle (herpès, streptocoque B...). Parles-en avec ton équipe médicale.
Les probiotiques : Certaines souches de probiotiques (Lactobacillus, Bifidobacterium) peuvent être données au bébé pour enrichir son microbiote.
Depuis une quinzaine d'années, de plus en plus de maternités proposent des césariennes participatives (aussi appelées "césariennes douces" ou "natural cesarean"), développées d'abord au Royaume-Uni dès 2008 (St. Thomas' Hospital de Londres), puis en France (Hôpital Necker à Paris) et en Suisse.
Champ opératoire transparent ou abaissé pour que tu puisses voir ton bébé naître
Musique douce et lumière tamisée si possible
Co-parent présent et actif dans l'accueil du bébé
Peau à peau immédiat (si l'état du bébé le permet) pendant la suture
Clampage tardif du cordon (1 à 3 minutes minimum)
Respect du rythme du bébé : on laisse le temps à la tête de sortir doucement, de respirer
Participation aux décisions : être informée et impliquée dans les choix
Les bénéfices démontrés
Réduction du stress et de l'anxiété maternelle
Amélioration du lien mère-enfant grâce au contact précoce
Expérience plus positive de l'accouchement
Réduction des risques de troubles post-partum (dépression, stress post-traumatique)
Participation accrue du co-parent, renforçant le lien familial dès les premiers instants
Sentiment de contrôle retrouvé
Ces aménagements ne changent pas les gestes chirurgicaux, mais transforment profondément le vécu de cette naissance.
Voici un point crucial et trop souvent oublié : la date de la césarienne programmée.
Même si une césarienne est nécessaire, laisser le travail se mettre en route spontanément (sauf cas où cela serait dangereux, comme un placenta prævia hémorragique) présente des avantages majeurs.
Pour le bébé :
Les 48h précédant l'accouchement et surtout la phase de latence du travail (premières contractions) déclenchent tout un processus métabolique et hormonal chez le bébé
Les contractions "donnent le signal" au bébé qu'il est temps de naître
Elles stimulent la production d'hormones de stress (adrénaline, cortisol) qui préparent le bébé à :
La transition respiratoire (passage du liquide amniotique à l'air)
La régulation thermique
La mobilisation de l'énergie
L'éveil des sens
Elles massent les poumons, facilitent l'expulsion du liquide amniotique
Même sans descente dans le bassin, ces contractions ont un effet protecteur sur la transition néonatale
Pour la mère :
Le corps se prépare naturellement
La production d'ocytocine démarre
La lactation peut être facilitée
Le vécu psychologique est différent : "j'ai essayé", "mon corps a commencé"
La césarienne en cours de travail vs. la césarienne programmée à froid
Les études montrent que les bébés nés par césarienne après le début du travail ont :
Moins de détresses respiratoires
Une meilleure adaptation à la vie extra-utérine
Un meilleur démarrage de l'allaitement
Bien sûr, ce n'est pas toujours possible ni souhaitable (essentiellement en cas de placenta prævia). Mais quand c'est médicalement sûr, c'est une piste à explorer avec ton équipe médicale.
Salle de réveil : surveillance pendant 2h environ
Sonde urinaire : retirée généralement 12 à 24h après (protocoles de récupération améliorée)
Lever précoce : encouragé dès que possible (souvent 6-12h après) pour prévenir les phlébites
Douleurs : traitement antalgique adapté, compatible avec l'allaitement
Mobilité réduite : difficulté à se lever, porter bébé, s'occuper de soi les premiers jours
Accompagnement essentiel : le co-parent ou un·e proche doit être très présent·e
Les premières semaines
Cicatrice : sensible, parfois tiraillements, changement de sensibilité
Fatigue : souvent plus intense qu'après un accouchement par voie basse
Port de charges : déconseillé pendant 4 à 6 semaines
Retour à la maison : généralement 4 à 7 jours après l'intervention
Suivi : consultation post-natale pour vérifier la cicatrisation, massages de la cicatrice, ostéopathie par un.e professionnel.le spécialisé.e fortement recommandée
L'intégration psychologique
Une césarienne peut laisser des traces émotionnelles :
Déception si elle n'était pas prévue
Sentiment d'échec ou de "ne pas avoir accouché"
Colère contre le corps, l'équipe, le système
Culpabilité
Mais aussi soulagement, gratitude...
Tous ces ressentis sont légitimes. Il est important de :
En parler : avec le co-parent, une sage-femme, une doula, un·e psychologue
Revisiter cette naissance : raconter, écrire, comprendre ce qui s'est passé
Ritualiser si besoin : célébrer cette naissance, honorer ton corps
Masser la cicatrice (quand elle est bien cicatrisée) pour réapprivoiser cette zone
Ne pas hésiter à consulter si le vécu est traumatique
Le suivi post-partum inadapté : un problème majeur
Parlons franchement d'un sujet qui fâche : le suivi post-césarienne est souvent complètement inadapté.
La césarienne est une chirurgie majeure, mais elle est trop souvent traitée comme un "simple accouchement un peu différent". Résultat :
Les douleurs sont minimisées : "C'est normal d'avoir mal", "Ça va passer"
Le vécu est banalisé : "Au moins ton bébé va bien !"
Les complications sont sous-estimées : adhérences, endométriose cicatricielle, douleurs chroniques
Si tu as mal, si ça tire, si quelque chose ne va pas : CE N'EST PAS NORMAL.
Oui, des douleurs post-opératoires normales existent les premiers jours. Mais :
Des douleurs qui persistent au-delà de quelques semaines
Des tiraillements qui t'empêchent de bouger normalement
Une cicatrice rouge, chaude, gonflée, douloureuse
Des sensations étranges, des "ficelles" sous la peau
Des douleurs lors des rapports sexuels mois plus tard
Des douleurs digestives ou urinaires en lien avec la cicatrice
Ce sont des signaux d'alerte à prendre au sérieux.
Quand changer de professionnel·le
Tu as le droit d'être écoutée, prise au sérieux et accompagnée correctement.
Si ton médecin, ta sage-femme ou ta/ton gynécologue minimise tes symptômes, te dit que "c'est dans ta tête", que "c'est normal après une césarienne" sans t'examiner ni te proposer de solutions concrètes : change de professionnel·le immédiatement.
N'hésite JAMAIS à demander un deuxième avis, voire un troisième. Cherche des professionnel·le·s qui :
Connaissent les séquelles possibles des césariennes (adhérences, endométriose cicatricielle, névralgies...)
Ont l'habitude de prendre en charge ces complications
T'écoutent et te croient quand tu décris tes symptômes
Te proposent des solutions concrètes : consultation spécialisée, imagerie, rééducation, ostéopathie...
L'ostéopathie post-césarienne : essentielle mais souvent mal faite
L'ostéopathie peut être précieuse pour travailler sur :
Les adhérences tissulaires
La mobilité de la cicatrice
Les tensions dans le bassin et le dos
La restauration de la fonction digestive
MAIS attention : tous·tes les ostéopathes ne sont pas à l'aise avec ce travail.
Pour être efficace sur une césarienne, l'ostéopathe doit :
Accepter de travailler très près du pubis, sur la zone intime de la cicatrice
Oser manipuler en profondeur les différentes couches de tissus (peau, fascia, muscles, péritoine)
Comprendre l'anatomie de la césarienne et savoir repérer les adhérences
Beaucoup d'ostéopathes, par pudeur ou manque de formation, n'osent pas aller aussi bas vers cette zone intime. Or, c'est souvent exactement là que se situent les adhérences qui posent problème.
Pose la question directement : "Est-ce que vous vous sentez à l'aise pour travailler directement sur ma cicatrice de césarienne et sur le périnée, en profondeur, même si c'est une zone intime ?" Si tu sens une hésitation, cherche un·e autre praticien·ne.
Certains kinésithérapeutes spécialisés en pelvi-périnéologie sont également formés à ce travail cicatriciel.

Une naissance par césarienne demande une mobilisation accrue du co-parent.
Une préparation spécifique des co-parents, incluant ces dimensions pratiques et émotionnelles, fait toute la différence dans le vécu post-césarienne. Que ce soit par des séances en personne, des groupes de parole ou des accompagnements, se préparer à ce rôle de "gardien·ne de la naissance" est précieux pour toute la famille.
Dans le défi audio Gardiens de la Naissance, tout un épisode est dédié à la préparation du co-parent à l'éventualité d'une césarienne.
Avoir eu une césarienne ne condamne pas à en avoir une autre.
La raison de la première césarienne n'est pas récurrente (ex : siège, souffrance fœtale ponctuelle...)
Tu n'as pas eu plus de 2 césariennes (en France, au-delà de 3 césariennes, la voie basse n'est plus proposée)
Les recommandations de la HAS depuis 2013 indiquent qu'en dessous de 3 césariennes, la voie basse est possible et à discuter selon les circonstances et préférences
Manque d'information des femmes sur cette possibilité
Réticence de certaines équipes par crainte (souvent excessive) de la rupture utérine
Difficulté à trouver une maternité acceptant un AVAC (et encore plus un AVA2C : Accouchement Vaginal Après 2 Césariennes)
Protocoles restrictifs (monitoring continu, interdiction de péridurale ambulatoire...)
Les bénéfices
Récupération plus rapide
Moins de risques chirurgicaux
Grossesses ultérieures moins compliquées
Vécu émotionnel souvent très positif : "j'ai réussi", "mon corps est capable"
Si tu as eu une césarienne et que tu attends un nouvel enfant, renseigne-toi sur l'AVAC. C'est un droit, même si toutes les maternités ne le proposent pas facilement.
La France, avec un taux de césarienne de 20 à 21,4%, se situe AU-DESSUS de la fourchette recommandée par l'OMS (10-15%). Ce n'est ni catastrophique (certains pays atteignent 40 à 60%), ni idéal.
Que signifie cette recommandation de 10-15% ?
Depuis 1985, l'OMS considère que le taux idéal se situe entre 10 et 15% pour la population générale. Cette fourchette signifie que :
En dessous de 10% : certaines femmes qui auraient besoin d'une césarienne n'y ont pas accès (problème d'accès aux soins)
Entre 10 et 15% : taux considéré comme optimal pour couvrir les besoins médicaux réels
Au-dessus de 15% : risque de césariennes pratiquées sans indication médicale stricte
Important : Cette recommandation s'applique à la population générale, pas aux hôpitaux individuels (qui peuvent avoir des taux plus élevés s'ils sont spécialisés dans les grossesses à risque).
Pourquoi la France dépasse-t-elle ce taux ?
Plusieurs facteurs expliquent que la France soit au-dessus de 15%. Facteurs justifiés :
Grossesses plus tardives (âge maternel augmenté = plus de complications)
Plus de grossesses multiples (PMA, FIV)
Facteurs questionnables :
Césarienne itérative : principale cause de césarienne = avoir déjà eu une césarienne (alors que l'AVAC est souvent possible)
Intolérance à la lenteur du travail : pauses et stagnations considérées trop rapidement comme pathologiques
Facteur temps et organisation : césarienne programmée plus "pratique" pour planifier
Médicalisation excessive : protocoles rigides, monitoring continu, limitations de mouvement qui peuvent ralentir le travail
Peur médico-légale : crainte des procès en cas de complication lors d'un accouchement par voie basse
Des pays qui font mieux
Certains pays développés résistent à l'augmentation des césariennes : Finlande, Pays-Bas, Suède et Japon maintiennent des taux inférieurs à 20%, prouvant qu'il est possible de concilier sécurité et respect de la physiologie.
Ce qui marche dans ces pays :
Formation continue des professionnel·le·s à la patience et aux alternatives
Valorisation de l'accouchement physiologique
Accompagnement par des sages-femmes autonomes
Protocoles moins rigides
Culture du "laisser faire" et du respect du temps
La césarienne sauve des vies. C'est une avancée médicale majeure et précieuse.
Mais ce n'est pas anodin. C'est une chirurgie lourde, avec des conséquences à court et long terme pour la mère et le bébé.
Dans les situations où elle est médicalement nécessaire, aucun jugement ne doit peser. Les équipes font au mieux pour préserver la santé de la mère et de l'enfant.
Dans les situations où elle pourrait être évitée (césariennes dites "de convenance" ou liées à une intolérance à la lenteur du travail), il est crucial de :
Informer les femmes et les couples sur les risques réels
Respecter la physiologie et laisser le temps au travail de se faire (dans la sécurité)
Former les équipes à la patience et aux alternatives à la césarienne
Systématiser la révision des indications de césariennes programmées
Quand une césarienne est pratiquée, tout doit être mis en œuvre pour :
La rendre participative et respectueuse
Privilégier (quand c'est possible) l'attente du début du travail spontané
Favoriser le peau à peau immédiat et le clampage tardif
Soutenir l'allaitement et la restauration du microbiote
Accompagner le vécu émotionnel de cette naissance
Préparer et mobiliser le co-parent comme véritable allié
Tu as le droit de poser des questions, d'exprimer tes souhaits, de comprendre ce qui se passe pour toi et ton bébé. Une naissance, quelle qu'elle soit, mérite d'être vécue en conscience, dans la dignité et le respect.
Légalement oui, mais peu de médecins acceptent de la pratiquer sans indication médicale. La césarienne comporte des risques qui ne sont justifiés que si l'accouchement par voie basse présente plus de risques. Si tu as peur de l'accouchement, un accompagnement psychologique ou une préparation spécifique peut t'aider.
L'extraction du bébé se fait en quelques minutes (3 à 10 min), mais l'intervention complète dure 30 à 60 minutes (temps de suture inclus).
Oui, absolument ! L'allaitement est tout à fait possible après une césarienne. Il peut être un peu plus difficile à démarrer (douleurs, difficultés de positionnement, séparation éventuelle), mais avec de l'aide et de la patience, c'est possible. Le peau à peau précoce et l'accompagnement d'une sage-femme ou consultante en lactation facilitent le démarrage.
L'incision est généralement faite horizontalement au niveau du pubis (incision de Pfannenstiel), juste au-dessus de la ligne des poils pubiens. Une fois cicatrisée, elle est souvent peu visible et peut être cachée par les sous-vêtements. Avec le temps, elle s'atténue et devient une fine ligne claire.
l n'y a pas de nombre "maximal" absolu, mais chaque césarienne augmente les risques de complications (adhérences, placenta accreta...). En France, après 3 césariennes, la voie basse n'est généralement plus proposée. Certaines femmes ont eu 4, 5 césariennes ou plus, mais les risques augmentent à chaque intervention.
Le principal risque est la rupture utérine (déchirure de la cicatrice pendant le travail), qui survient dans environ 0,5 à 1% des cas. C'est rare, mais potentiellement grave. Globalement, pour une femme avec un utérus cicatriciel et sans autre facteur de risque, l'AVAC a un taux de réussite de 60 à 80% et présente moins de risques qu'une césarienne programmée.
Dans la plupart des maternités, oui, si la césarienne est programmée ou en urgence "relative". En cas d'urgence vitale immédiate ou d'anesthésie générale, c'est généralement impossible. Renseigne-toi sur le protocole de ta maternité et exprime tes souhaits dans ton projet de naissance.
Consulte rapidement si tu observes :
Fièvre (> 38°C)
Douleurs abdominales intenses et inhabituelles
Cicatrice rouge, chaude, gonflée, qui suinte
Saignements abondants ou malodorants
Douleur ou gonflement dans les jambes (phlébite)
Essoufflement (embolie pulmonaire)
Difficultés urinaires persistantes
Allaitement maternel : c'est le plus efficace
Transfert de microbiote vaginal (seeding) : à discuter avec ton équipe médicale avant la naissance
Probiotiques pour bébé : certaines souches peuvent aider, demande conseil à ton pédiatre
Peau à peau prolongé : favorise l'échange de microbes bénéfiques
Éviter les antibiotiques supplémentaires pour bébé (sauf nécessité médicale)
La recommandation générale est d'attendre au moins 18 mois entre une césarienne et une nouvelle grossesse pour permettre à l'utérus de bien cicatriser et réduire les risques de complications (rupture utérine, placenta accreta).
Enquête Nationale Périnatale (ENP), Rapport 2021 - Les naissances et les établissements, situation et évolution depuis 2016, INSERM / DREES, 2021
Haute Autorité de Santé (HAS), Indications de la césarienne programmée à terme, Recommandations de bonne pratique, 2012 (mise à jour 2020)
Organisation Mondiale de la Santé (OMS), WHO Statement on Caesarean Section Rates, 2015
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Smith J. et al., Caesarean section and the natural birth: clinical audit, St. Thomas' Hospital, Londres, 2008
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Weckend M., Understanding Labor Progress and Cesarean Section Decisions - Research Database, 2024
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Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG), Birth after Previous Caesarean Birth - Green-top Guideline, 2015
Sentilhes L. et al., Maternal and neonatal morbidity of caesarean section in France, Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, 2013
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Photo : Jonathan Borba / Unsplash, Patricia Prudente / Unsplash, Amit Gaur / Unsplash
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