Tu vas accoucher par césarienne ? Qu'elle soit programmée ou anticipée, cette nouvelle peut soulever de nombreuses questions et parfois des inquiétudes. Pourtant, même lors d'une naissance par césarienne, tu conserves un pouvoir de décision et d'action bien plus grand qu'on ne te le dit.
Aujourd'hui, les avancées scientifiques et les pratiques centrées sur la physiologie permettent de transformer l'expérience de la césarienne. Il ne s'agit plus simplement d'une intervention chirurgicale : c'est toujours une naissance, ton histoire, celle de ton bébé et de votre famille.
Dans cet article, découvre comment préparer ta césarienne de manière éclairée, en respectant au maximum la physiologie et en créant les conditions d'un accueil optimal pour ton bébé.
Juste parce que c'est une césarienne, cela ne veut pas dire que l'enfantement appartient à l'institution médicale. Tu peux encore avoir du pouvoir, comprendre, regarder et participer activement à cette naissance.
Une césarienne reste une grande chirurgie, souvent banalisée par le monde médical. Pourtant, elle mérite une préparation aussi complète qu'un accouchement par voie basse : préparation physique, émotionnelle, informationnelle et relationnelle.
Avant de te plonger dans la préparation, tu as peut-être ces interrogations en tête :
Mon bébé ne choisira pas le jour de sa naissance, est-ce grave ?
Sans la cascade hormonale du travail, comment assurer de bonnes conditions pour mon bébé ?
Son immunité sera-t-elle affectée ?
Comment éviter qu'il soit sorti brusquement sans préparation ?
Sans la pression thoracique de la descente, comment favoriser son adaptation respiratoire ?
Ces questions sont absolument légitimes. La bonne nouvelle ? La science et les pratiques respectueuses de la physiologie ont apporté des réponses concrètes à chacune d'elles.
Comprendre la physiologie de la naissance permet de mieux saisir pourquoi certaines pratiques sont importantes lors d'une césarienne.
Lors d'un accouchement spontané, une véritable symphonie hormonale se met en place. Les contractions libèrent des ocytocines, des endorphines, des catécholamines... Ces hormones préparent non seulement le corps de la maman (utérus, périnée, seins), mais aussi celui du bébé.
Chez le bébé, le travail déclenche :
La production de surfactant pulmonaire, substance essentielle qui tapisse les alvéoles et permet aux poumons de se déployer correctement à la première respiration
La résorption progressive du liquide amniotique présent dans les poumons
Une montée d'adrénaline qui le met en état d'éveil à la naissance
Des ajustements métaboliques pour la vie extra-utérine
Chez la maman, ces hormones :
Facilitent la délivrance du placenta
Réduisent les risques hémorragiques
Préparent la montée de lait
Favorisent l'attachement maternel
Sans cette cascade hormonale, certains ajustements doivent être anticipés.
La cascade hormonale du travail a également un impact direct sur le démarrage de l'allaitement. L'ocytocine libérée pendant les contractions prépare les récepteurs mammaires. Le pic d'adrénaline du bébé lors d'un accouchement spontané le rend particulièrement alerte et capable de ramper jusqu'au sein dans l'heure qui suit la naissance.
Sans travail, ce pic hormonal n'a pas lieu. C'est pourquoi :
Le peau à peau immédiat et prolongé devient encore plus crucial (il stimule les mêmes hormones)
La mise au sein très précoce (idéalement sur la table d'opération) compense ce manque de préparation hormonale
Un petit stock de colostrum tiré avant l'accouchement peut faire toute la différence
Un accompagnement en allaitement peut être nécessaire les premiers jours
L'une des meilleures façons de respecter la physiologie est d'attendre le début spontané du travail avant la césarienne programmée. Bien sûr, ce n'est pas toujours possible selon ta situation médicale, mais c'est une option à discuter avec ton équipe.
Pourquoi c'est important :
La production de surfactant pulmonaire atteint son pic lors du travail, permettant une meilleure expansion des poumons à la première respiration
La résorption du liquide amniotique dans les poumons se fait progressivement grâce aux hormones du travail
Le pic d'adrénaline naturel le rend alerte et prêt pour la première tétée
Son corps reçoit les signaux hormonaux lui indiquant qu'il est temps de naître
Réduction significative des détresses respiratoires et des admissions en néonatologie
Pour la maman :
La cascade hormonale prépare les seins et les récepteurs à ocytocine pour l'allaitement
Le col commence à se modifier, facilitant l'écoulement des lochies après l'intervention
Les hormones du travail facilitent la délivrance du placenta et réduisent les risques hémorragiques
Le post-partum émotionnel est souvent mieux vécu car le corps a ressenti le processus d'enfantement
Le col aura travaillé une première fois et le travail sera donc probablement moins long lors des éventuels accouchements suivants
Pour l'allaitement : les recherches montrent que les femmes qui ont connu ne serait-ce que quelques heures de travail avant une césarienne ont :
Une montée de lait plus précoce (24 à 48h plus tôt en moyenne)
Des taux d'allaitement exclusif plus élevés à 6 semaines
Moins de compléments de lait artificiel nécessaires en maternité
Le bébé, ayant vécu le début du travail, est également plus réactif et capable d'effectuer le "breast crawl" (ramper jusqu'au sein) dans l'heure qui suit la naissance.
Certains médecins refusent d'attendre le début du travail pour réaliser une césarienne car elle est plus imprévisible : on ne peut pas programmer exactement le jour et l'heure. Pourtant, les protocoles existent dans de nombreuses maternités. C'est une négociation possible et importante à tenter lors de tes rendez-vous prénataux. Dans ce pack, tu trouveras une checklist gratuite de toutes les questions à poser à la maternité.
Demande à aller le plus tard possible dans la grossesse avant la césarienne. Il arrive que le terme soit mal estimé et qu'on découvre pendant l'intervention que le bébé est prématuré. Chaque jour compte pour la maturité de ton bébé.
Après 38 semaines d'aménorrhée, les risques de détresse respiratoire diminuent significativement, surtout si tu as l'occasion de pousser pendant la césarienne (voir ci-dessous).
Explorer la Maternal Assisted Caesarean (MAC)
La césarienne assistée par la mère, ou "césarienne douce", est une approche qui permet à la maman de participer activement à la naissance de son bébé.
Les options possibles :
Retrait du champ opératoire au moment de la sortie du bébé, pour que tu puisses voir ta·ton enfant naître (le champ n'est pas nécessaire pour maintenir la stérilité, il sert surtout à te préserver de la vue de la chirurgie)
Pousser ton bébé : tu peux pousser pour aider bébé à sortir progressivement, comme lors d'un accouchement par voie basse. Cela permet au bébé d'évacuer le liquide de ses poumons en douceur et limite les risques de détresse respiratoire
Participation du·de la partenaire : au minimum, que ton·ta partenaire puisse voir la naissance, même si toi tu préfères ne pas regarder
Au moins un des bras libres pour pouvoir récupérer le bébé
Peau à peau dès le bloc, avec une couverture chauffante
Certaines maternités le proposent, n'hésite pas à poser des questions en amont !
Le clampage tardif du cordon ombilical
Le clampage prolongé du cordon (attendre 1 à 3 minutes avant de couper) permet au bébé de recevoir jusqu'à 30% de sang supplémentaire, riche en fer et en cellules souches.
À savoir : La césarienne est un facteur de risque de réanimation du nouveau-né, donc le clampage tardif n'est pas toujours possible. Discutes-en en amont avec ton équipe et indique clairement ton souhait dans ton projet de naissance.
Contact immédiat et allaitement précoce
Demande explicitement :
Peau à peau dès le bloc et de tenter l'allaitement sur la table d'opération si possible
De garder le bébé à ta vue pendant toute la durée de l'intervention
Si ce n'est pas possible, aue ton·ta partenaire amène le bébé en peau à peau immédiatement
Ces mesures favorisent l'attachement, la régulation thermique du bébé, et le démarrage de l'allaitement. Le·la partenaire joue ici un rôle essentiel de gardien·ne de cette première rencontre.

À chaque étape, parle avec ton bébé pour le préparer. Annonce-lui la date et l'heure de sa naissance, explique-lui ce qui va se passer. Il n'a pas eu les hormones du travail pour l'informer naturellement, cela peut être un choc pour lui.
Tu peux utiliser :
La parole directe, en lui parlant régulièrement
Des techniques de communication prénatale (haptonomie, chant prénatal)
Des approches alternatives comme l'échoquantique si cela résonne avec toi
L'une des préoccupations majeures concernant la césarienne concerne le microbiote du bébé. Lors d'un accouchement par voie basse, le bébé est colonisé par les bactéries vaginales bénéfiques de sa mère. Par césarienne, cette colonisation naturelle ne se fait pas.
Les stratégies pour optimiser l'immunité :
Prendre des probiotiques en fin de grossesse et les donner ensuite au bébé peut aider à renforcer sa flore intestinale et son immunité. Par césarienne, la maman reçoit des antibiotiques qui peuvent passer chez le bébé et diminuer son immunité.
Important : le microbiote se construit aussi (et surtout) par l'alimentation. L'alimentation pendant la grossesse modifie le microbiote maternel et influence celui du bébé dès le premier trimestre jusqu'à ses 18 mois. Puis, l'allaitement, va aussi jouer un rôle majeur après la naissance.
La colonisation vaginale artificielle (vaginal seeding)
Cette pratique consiste à prélever des sécrétions vaginales maternelles et à les appliquer sur le bébé après la naissance pour l'aider à constituer son microbiote (avec un tampon ou un coton tige, par exemple).
DISCLAIMER ESSENTIEL : Cette technique nécessite un prélèvement vaginal négatif (absence d'infections) dans le dernier mois de grossesse.
Bien que les études ne soient pas unanimes sur le sujet, certain·e·s parents choisissent de la pratiquer en complément d'autres mesures.
Si tu es à haut risque de césarienne ou que ta césarienne est programmée, commence à tirer ton lait à partir de 37 semaines d'aménorrhée. Ce que tu vas recueillir, c'est du colostrum, cet "or liquide" concentré en anticorps, protéines et nutriments essentiels.
Pourquoi cette pratique est-elle recommandée ? Les risques spécifiques à la césarienne :
Taux plus élevé d'hémorragie du post-partum : peut nécessiter des soins intensifs pour la maman et une séparation temporaire
Risque accru de réanimation néonatale : surtout si la césarienne a lieu avant 39 semaines ou sans travail (problèmes respiratoires, hypoglycémie)
Séparation mère-bébé plus fréquente : pour surveillance en néonatologie ou si la maman doit rester en salle de réveil plus longtemps
Production de lait parfois retardée : la montée de lait peut mettre 1 à 2 jours de plus à se mettre en place sans la cascade hormonale du travail
Effets des antibiotiques et de l'anesthésie : peuvent rendre le bébé plus somnolent les premières heures, moins demandeur au sein
Le colostrum est le premier lait, produit en fin de grossesse et les premiers jours après la naissance. Contrairement au lait mature, il est :
Très concentré : quelques millilitres suffisent à nourrir un nouveau-né
Riche en anticorps (immunoglobulines) qui protègent le système digestif et immunitaire du bébé
Laxatif naturel : facilite l'élimination du méconium et réduit la jaunisse
Facile à digérer : parfaitement adapté au système digestif immature
Lors d'une séparation ou si ton bébé a des difficultés de succion les premières heures, avoir du colostrum déjà tiré est une sécurité inestimable. Cela évite de devoir donner du lait artificiel en complément, ce qui peut :
Perturber l'équilibre de la flore intestinale
Créer une confusion sein-biberon
Réduire la stimulation des seins et donc retarder la montée de lait
À partir de quand ? Commence à 37 semaines d'aménorrhée (pas avant, pour ne pas risquer de déclencher le travail prématurément). À ce stade, le bébé est à terme et tu peux stimuler tes seins sans danger.
À quelle fréquence ?
1 à 2 fois par jour les premiers jours, puis augmente progressivement
5 à 10 minutes par sein avec un tire-lait manuel (plus doux que l'électrique pour le colostrum)
Idéalement le matin, quand la production hormonale est au plus haut
Quel matériel ?
Un tire-lait manuel
Des seringues stériles de 1 ml ou 5 ml pour recueillir le colostrum (les quantités sont infimes : quelques gouttes à quelques millilitres)
Des petits sacs de congélation pour lait maternel ou des seringues fermées
Des étiquettes pour noter la date de collecte
Si la maternité n'est pas prête à te soutenir dans la logistique, il te faudra une glacière électrique pour conserver ton stock à la maternité.
Comment conserver ?
Au réfrigérateur : jusqu'à 4 jours
Au congélateur : jusqu'à 6 mois (idéalement 3 mois pour préserver les propriétés immunologiques optimales)
Note toujours la date et l'heure sur chaque contenant
Combien en obtenir ? Ne t'inquiète pas si tu ne récoltes que quelques gouttes au début ! C'est normal. Avec les jours, tu peux arriver à collecter 5 à 20 ml par jour. L'objectif n'est pas d'avoir des litres, mais d'avoir quelques seringues en réserve pour les premières 24-48 heures si besoin.
Un stock de 20 à 40 ml de colostrum congelé est déjà très rassurant.
Au-delà de la réserve de colostrum, cette pratique a d'autres avantages :
Stimule la production de lait et prépare les seins
Te familiarise avec la technique du tire-lait avant la naissance
Peut réduire l'engorgement lors de la montée de lait
Te donne confiance dans ta capacité à produire du lait
Important : si tu as des contractions pendant le tirage, c'est normal (l'ocytocine est libérée). Arrête et reprends plus tard. Si les contractions persistent ou sont douloureuses, consulte ta sage-femme.
Si ton bébé a des difficultés à téter ou si vous êtes séparé·e·s :
Décongèle une seringue au bain-marie tiède (jamais au micro-ondes)
Donne le colostrum à la seringue, à la cuillère ou au DAL sur le sein (idéal pour continuer de stimuler la lactation)
Évite le biberon si possible pour ne pas créer de confusion
Si le bébé n'est pas au sein, continue à stimuler tes seins pendant ce temps (tire-lait, massages) pour favoriser la montée de lait
Si tirer ton lait te semble trop compliqué, ou en complément, tu peux aussi demander un don de lait maternel à des personnes de ton entourage qui allaitent.
Attention : les dons informels doivent se faire entre personnes de confiance, avec des normes d'hygiène strictes.
La production de lait peut être moins abondante après une césarienne, en raison de la séparation parfois précoce, des médicaments, et du stress chirurgical.
Prépare-toi en :
Contactant une consultante en lactation IBCLC ou conseillère en allaitement avant la naissance
Te renseignant sur les aliments lactogènes (avoine, fenouil, fenugrec, amandes...)
Explorant l'homéopathie et les tisanes d'allaitement
Planifiant un maximum de peau à peau et de tétées à la demande dès la naissance
La césarienne est une grande chirurgie abdominale, trop souvent banalisée. Tu auras besoin de plusieurs semaines de réhabilitation.
Points essentiels :
Repos strict les premières semaines
Aide concrète pour les tâches quotidiennes et pour s'occuper des autres enfants éventuels
Surveillance de la cicatrice (externe et interne)
Respect des limitations physiques (ne pas porter de charges lourdes, éviter les escaliers...)
L'allaitement au sein stimule la production d'ocytocine, qui contracte l'utérus pour qu'il revienne à sa taille normale. Tu peux ressentir des douleurs particulières au niveau de la cicatrice utérine lors des tétées les premiers jours.
Prévenir l'anémie
Après une césarienne, tu perds plus de sang qu'après un accouchement vaginal, augmentant les risques d'anémie. Préviens en :
Consommant des aliments riches en fer
Associant toujours avec de la vitamine C pour améliorer l'absorption du fer
Évitant le thé et le café aux repas (ils inhibent l'absorption du fer)
Demandant une supplémentation en fer si nécessaire
Organiser un soutien solide
Le post-partum après césarienne nécessite un réseau de soutien encore plus robuste. C'est ici que le rôle de l'entourage devient crucial. Prépare en amont :
Des repas congelés ou un système de livraison de repas
Une liste de personnes disponibles pour différents besoins (ménage, courses, garde des aînés...)
Des ressources professionnelles : sage-femme à domicile, consultante en lactation, aide ménagère, doula...
Le·la partenaire aura un rôle fondamental non seulement le jour J, mais aussi dans les semaines qui suivent. Une préparation spécifique lui permettra de mieux comprendre les enjeux, de protéger l'espace de récupération, et d'accompagner émotionnellement cette période. Tu peux lui partager par exemple le défi audio Gardiens de la Naissance.
Un projet de naissance pour césarienne est tout aussi légitime et important que pour un accouchement vaginal. Quelques éléments à inclure :
Tes souhaits concernant le retrait du champ opératoire
Ta préférence pour pousser le bébé
Le clampage tardif du cordon
Le peau à peau immédiat et par qui (toi ou le·la partenaire)
La présence du·de la partenaire et son rôle
L'allaitement précoce
Les pratiques post-naissance (colonisation vaginale, probiotiques...)
Tes préférences musicales dans la salle
Qui annonce le sexe du bébé si vous ne le connaissez pas
Pour ne rien oublier, utilise le générateur de projet de naissance
Puis, rédige un document clair et concis (1 à 2 pages maximum)
Rencontre l'équipe médicale plusieurs semaines avant pour discuter de tes souhaits
Reste flexible : cela ne se passe jamais comme prévu
Et, surtout, prépare ton·ta partenaire à être le gardien du projet de naissance, celui ou celle qui va défendre tes souhaits
Voici une liste de questions essentielles à aborder lors de tes rendez-vous :
Est-il possible d'attendre le début spontané du travail ?
Quelle est votre politique sur le clampage tardif du cordon en césarienne ?
Puis-je avoir un peau à peau immédiat sur la table d'opération ?
Le champ opératoire peut-il être abaissé au moment de la naissance ?
Puis-je pousser pour aider mon bébé à sortir progressivement ?
Mon·ma partenaire peut-il·elle rester avec moi tout le temps ?
Quelles sont vos pratiques en matière de séparation mère-bébé ?
Y a-t-il une possibilité de photographier ou filmer la naissance ?
Quelle est votre protocole antibiotique ? (pour prévoir les probiotiques)
Pour ne rien oublier, télécharge les checklists de la grossesse, dont celle qui rassemble toutes les questions à poser à ta sage-femme.
Le jour de la césarienne, tu seras sur la table d'opération, parfois dans l'inconfort, avec une mobilité réduite. Ton·ta partenaire devient alors le·la gardien·ne de la naissance, celui·celle qui veille à ce que tes souhaits soient respectés et qui accueille votre bébé.
Son rôle inclut :
Rappeler tes souhaits à l'équipe médicale si nécessaire
Accompagner le bébé en peau à peau si tu ne peux pas immédiatement
Créer le lien entre toi et bébé pendant l'intervention
Te rassurer et rester connecté·e émotionnellement avec toi
Photographier ou filmer si vous le souhaitez
Protéger l'intimité et l'ambiance de ce moment
Trop souvent, les partenaires se sentent démunis ou spectateurs lors d'une césarienne. Pourtant, avec une préparation adaptée, ils·elles peuvent devenir de véritables allié·e·s actif·ve·s.
Une préparation spécifique permet au·à la partenaire de :
Comprendre les enjeux physiologiques et émotionnels
Connaître les options disponibles et savoir les négocier
Gérer son propre stress pour mieux te soutenir
Anticiper les besoins du post-partum et organiser le soutien logistique
Se sentir légitime et confiant·e dans son rôle d'accompagnant·e
Cette préparation transforme la dynamique : le·la partenaire n'est plus un·e simple témoin, mais un·e acteur·rice engagé·e de cette naissance.
Une césarienne n'est pas une naissance de "seconde classe". C'est une naissance différente, qui mérite tout autant de respect, de préparation et d'attention qu'un accouchement par voie basse.
En te préparant de manière éclairée, en communiquant tes souhaits, et en t'entourant d'une équipe de soutien solide (incluant un·e partenaire préparé·e), tu reprends ton pouvoir sur cette expérience.
Chaque césarienne est unique, et tu as le droit de créer une expérience qui te ressemble, qui respecte ton bébé, et qui honore cette rencontre extraordinaire.
Oui, absolument ! L'allaitement après césarienne est tout à fait possible. La production de lait peut parfois démarrer un peu plus lentement en raison de la chirurgie, de la séparation potentielle et des médicaments. Le peau à peau immédiat, la mise au sein précoce et un bon accompagnement favorisent grandement la réussite de l'allaitement. Tirer du colostrum avant la naissance est une excellente précaution.
Généralement oui, car elle se déroule dans des conditions planifiées, avec une équipe au complet et sans stress de l'urgence. Cependant, attendre le début du travail (si médicalement possible) présente des avantages physiologiques importants pour la maman et le bébé, même si cela rend la planification moins prévisible.
Les bébés nés par césarienne ont effectivement un microbiote différent au départ, ce qui peut influencer leur immunité. Cependant, plusieurs stratégies peuvent atténuer cet effet : probiotiques pour maman et bébé, colonisation vaginale (avec précautions), allaitement maternel prolongé, et surtout une alimentation maternelle riche et diversifiée pendant la grossesse et l'allaitement.
C'est une approche de la césarienne qui maximise la participation de la mère et le respect de la physiologie. Elle peut inclure : la possibilité de pousser le bébé, le retrait du champ opératoire pour voir la naissance, le peau à peau immédiat, le clampage tardif du cordon, et une ambiance plus calme et intime dans la salle d'opération.
La récupération initiale prend environ 6 semaines, mais la guérison complète des tissus profonds peut prendre plusieurs mois (jusqu'à un an). Les premières semaines nécessitent un repos strict et une aide importante. L'activité physique intense doit être évitée pendant au moins 6-8 semaines, et toujours avec l'accord médical.
Oui, dans la grande majorité des cas de césarienne programmée, la rachianesthésie ou la péridurale sont privilégiées. Cela te permet de rester consciente, de vivre la naissance, et de rencontrer ton bébé immédiatement. L'anesthésie générale est réservée aux situations d'urgence ou à des contre-indications médicales spécifiques.
Dans la plupart des maternités, oui. Le·la partenaire est généralement installé·e près de ta tête, derrière le champ opératoire. Il·elle peut être présent·e durant toute l'intervention, sauf en cas d'anesthésie générale ou de complication nécessitant son évacuation temporaire. Certains établissements permettent même au·à la partenaire de voir la naissance en abaissant légèrement le champ.
Oui, c'est ESSENTIEL. La colonisation vaginale ne doit être pratiquée que si un prélèvement vaginal récent (dernier mois de grossesse) est négatif, pour éviter de transmettre des infections au bébé.
Sandall J. et al. - "Maternal Assisted Cesarean: Descriptions of Technique and Review of the Literature" - Birth - 2008
Dominguez-Bello MG et al. - "Partial restoration of the microbiota of cesarean-born infants via vaginal microbial transfer" - Nature Medicine - 2016
Kumar M et al. - "The effect of probiotics on the gut microbiome and metabolome in pregnant women" - Gut Microbes - 2023
McDonald SJ et al. - "Effect of timing of umbilical cord clamping of term infants on maternal and neonatal outcomes" - Cochrane Database Systematic Reviews - 2013
Smith J et al. - "Maternal Assisted Caesarean Section: A survey of UK practice" - BMJ Open - 2016
Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie - Articles sur le microbiote maternel et infantile - 2024
Haute Autorité de Santé (HAS) - "Recommandations pour la pratique clinique : Césarienne" - 2012
International Lactation Consultant Association (ILCA) - "Clinical Guidelines for the Establishment of Exclusive Breastfeeding" - 2014
Photos : Jonathan Borba / Unsplash, Solen Feyissa / Unsplash, David Veksler / Unsplash
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