Quand la date prévue est dépassée, découvre comment accompagner ton corps vers le démarrage du travail de façon physiologique : mouvement, détente, intimité et soutien émotionnel. Des clés bienveillantes pour faire confiance à ton rythme.
Petite précision : une induction "naturelle" n'existe pas. Une induction c'est forcément forcer la nature. Dans cet article, on évoque des pratiques qui peuvent permettre de favoriser le travail, tout en restant au plus proche de la physiologie.
La date prévue est passée. Les messages s'accumulent. "Alors, toujours là ?"
L'impatience se mêle à la fatigue. Tu sens que ton corps se prépare — ton ventre est lourd, ton bassin travaille, ton col mature doucement — mais le travail ne démarre pas encore. Et les propositions de déclenchement médical commencent à arriver.
Avant d'envisager une induction médicamenteuse, il existe des façons douces et respectueuses d'accompagner ton corps et ton bébé à trouver leur bon moment. Car par nature, une induction — même dite "naturelle" — reste une intervention : on encourage, on stimule, on invite le processus à se mettre en route.
Ce qui suit n'est donc pas magique. Mais c'est bienveillant, physiologique, et centré sur toi.
Le travail ne démarre pas par hasard. C'est une cascade hormonale subtile, orchestrée par ton corps, ton bébé et ton état émotionnel.
Plusieurs éléments doivent se synchroniser :
La sécrétion d'ocytocine, l'hormone de l'amour et des contractions
La baisse du taux de progestérone, qui maintient la grossesse
La pression exercée par le bébé sur le col de l'utérus, qui stimule sa dilatation
Ton état émotionnel : quand tu te sens en sécurité, détendue, soutenue, ton cerveau reptilien peut enfin lâcher prise
Le stress, la peur, le sentiment d'être observée ou jugée peuvent littéralement freiner la production d'ocytocine. À l'inverse, tout ce qui te fait te sentir en sécurité, aimée, confiante, peut l'encourager.
Le mouvement est l'un des meilleurs alliés pour inviter le travail. Ce que tu peux faire :
Marche autant que possible, en pleine nature ou dans les escaliers
Danse doucement, berce ton bassin
Adopte des positions accroupies, à quatre pattes, sur un ballon
Fais du ménage léger, jardine, reste active dans ton quotidien
La gravité aide le bébé à bien se positionner et à exercer une pression douce mais constante sur ton col. Plus ton bébé appuie, plus ton corps reçoit le signal que c'est bientôt l'heure.
Ton cerveau reptilien — celui qui gère la naissance — adore l'obscurité, la chaleur, l'intimité. Il déteste être observé, stressé, exposé. Ce que tu peux faire :
Tamise les lumières le soir, crée une ambiance douce
Prends des bains chauds avec des huiles essentielles apaisantes (lavande, camomille)
Écoute de la musique relaxante, des méditations guidées, des séances d'hypnonaissance
Entoure-toi de personnes qui te rassurent, qui croient en toi
Éloigne-toi (autant que possible) des discours anxiogènes ou pressants
Et le rôle du·de la partenaire ? C'est ici qu'il·elle devient essentiel·le. En te massant, en te rassurant, en créant cet espace de sécurité autour de toi, ton·ta partenaire participe activement à la mise en route du travail. Une préparation spécifique pour les futur·e·s co-parent·e·s — comme "Gardiens de la Naissance" — peut les aider à incarner pleinement ce rôle protecteur et apaisant.
L'ocytocine est l'hormone clé du travail. Plus tu en produis, plus ton utérus reçoit le signal de démarrer. Ce que tu peux faire :
Stimule tes mamelons : par massage doux, avec un tire-lait, ou par succion. Cela libère de l'ocytocine et peut déclencher des contractions (à faire par sessions de 15 minutes, 3 fois par jour)
Partage des moments de tendresse : câlins, baisers profonds, rires, moments de complicité
Si tout va bien et que tu en as envie, fais l'amour : le sperme contient des prostaglandines naturelles qui aident à maturer le col, et l'orgasme libère une vague d'ocytocine
Parle à ton bébé, parle à ton corps
Ton bébé t'entend. Ton corps t'écoute. Ce que tu peux faire :
Parle à ton bébé, dis-lui que tu es prête à le·la rencontrer, que tu l'attends avec amour
Invite-le·la doucement à venir quand il·elle se sentira prêt·e
Parle aussi à ton corps : remercie-le pour tout ce qu'il fait, encourage-le, redis-lui ta confiance
Ces paroles ne sont pas magiques, mais elles créent une connexion consciente entre toi, ton bébé et ton utérus. Et cette connexion, parfois, suffit à débloquer ce qui attendait juste un peu de douceur.
Certaines pratiques peuvent être particulièrement efficaces quand le corps est déjà prêt, mais qu'il a juste besoin d'un petit coup de pouce. Ce que tu peux explorer :
L'acupuncture : des points spécifiques stimulent l'énergie du travail
L'ostéopathie : pour libérer les tensions du bassin et favoriser la descente du bébé
L'utilisation du tire-lait (1 heure de stimulation) associée éventuellement au décollement des membranes, et à une rupture de la poche des eaux si le col est favorable
Si tu es à terme et que la pression pour un déclenchement commence à se faire sentir, tu peux accepter que ta sage-femme procède à un décollement des membranes. C'est un geste simple qui peut suffire à lancer le travail sans médicament (attention, quand il est bien effectué, ce geste n'est pas douloureux).
Certains aliments et compléments peuvent soutenir la maturation du col et préparer ton utérus. Ce que tu peux tester :
Les dattes : 5 à 6 par jour à partir de 37 semaines d'aménorrhée. Plusieurs études montrent une réduction du recours au déclenchement chez les femmes qui en consomment régulièrement
L'huile d'onagre : 1 à 2 gélules le soir, riche en acides gras essentiels qui aident à assouplir le col
Les tisanes de feuilles de framboisier : tonifient l'utérus et soutiennent sa préparation (à boire dès le 3ᵉ trimestre)
L'huile de ricin : à utiliser uniquement sous supervision d'une sage-femme, car elle peut entraîner des contractions intenses et augmente légèrement le risque de méconium
Ces aides sont douces, mais à introduire avec discernement et uniquement si ta grossesse ne présente aucun risque particulier (placenta bien positionné, bébé en bonne santé, absence de contre-indication médicale).

Ce n'est pas un échec.
Certaines grossesses ont simplement besoin d'un peu plus de temps. Le corps, comme le bébé, a son propre rythme. Parfois, il attend juste que toutes les conditions soient réunies — hormonales, émotionnelles, physiques.
Laisser venir, se reposer, faire confiance : c'est aussi une forme d'action.
Si une induction médicale devient nécessaire pour des raisons médicales (hypertension, diabète gestationnel, risque pour le bébé), elle peut être vécue sereinement si tu es bien accompagnée, bien informée, et que tu gardes ton pouvoir de décision.
L'essentiel, c'est que tu te sentes actrice de ta naissance, pas spectatrice.
La patience et la détente favorisent le travail plus sûrement que la tension et la peur
Le corps enclenche la naissance quand il sent que tout est prêt : bébé, hormones, émotions
En attendant, tout ce qui t'aide à te sentir bien aide ton corps à enfanter
L'accompagnement bienveillant de ton·ta partenaire joue un rôle clé dans la création de cet espace de sécurité
Tu n'es pas passive. Tu es dans l'écoute, dans la connexion, dans la confiance. Et c'est déjà immense.
Une induction "naturelle" regroupe les méthodes douces (mouvement, stimulation des mamelons, intimité, alimentation) utilisées pour encourager le démarrage du travail sans médicament. Le terme est entre guillemets car toute induction reste une intervention sur le processus physiologique.
À partir de 37 semaines d'aménorrhée, si la grossesse se déroule bien. Avant ce terme, le bébé est considéré comme prématuré. Après 41 semaines, un suivi médical rapproché est recommandé.
Elles peuvent aider si le corps est déjà prêt. Elles ne déclenchent pas le travail de force, mais favorisent les conditions optimales pour qu'il démarre naturellement. L'efficacité varie d'une femme à l'autre.
Oui, c'est même conseillé : mouvement + détente + stimulation des mamelons + alimentation adaptée créent un environnement favorable. L'essentiel est d'écouter ton corps et de ne pas te mettre en tension.
Si le travail ne démarre pas malgré ces méthodes et que des raisons médicales le justifient, une induction médicamenteuse peut être proposée. L'important est d'être bien informée et accompagnée pour vivre cette étape sereinement.
Oui. En créant un cocon de sécurité, en te massant, en te rassurant, ton·ta partenaire favorise la sécrétion d'ocytocine. Une préparation spécifique (comme "Gardiens de la Naissance") peut l'aider à incarner pleinement ce rôle protecteur.
Elle doit être utilisée uniquement sous supervision d'une sage-femme car elle peut provoquer des contractions intenses et augmente légèrement le risque que le bébé émette du méconium. Elle n'est pas recommandée en première intention.
Oui, si la grossesse se déroule normalement (pas de placenta prævia, de rupture de la poche des eaux ou de contre-indication médicale). Le sperme contient des prostaglandines naturelles et l'orgasme libère de l'ocytocine.
Haute Autorité de Santé (HAS) — Dépassement de terme et conduite à tenir, 2011
Organisation mondiale de la Santé (OMS) — Intrapartum care for a positive childbirth experience, 2018
Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) — Déclenchement du travail à partir de 37 semaines d'aménorrhée, 2020
Al-Kuran O, Al-Mehaisen L, et al. — The effect of late pregnancy consumption of date fruit on labour and delivery, Journal of Obstetrics and Gynaecology, 2011
Mollart L, Adam J, Foureur M — Impact of acupressure on onset of labour and labour duration: A systematic review, Women and Birth, 2015
Smith CA, Collins CT, Crowther CA — Complementary and alternative therapies for pain management in labour, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2011
Kavanagh J, Kelly AJ, Thomas J — Sexual intercourse for cervical ripening and induction of labour, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2001
Matthews A, Haas DM, O'Mathúna DP, Dowswell T — Interventions for nausea and vomiting in early pregnancy, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015 (mention de l'utilisation du gingembre et d'autres plantes en contexte périnatal)
Photos : Cassidy Rowell / Unsplash, Yan Krukov / Pexels
Ces articles ont vocation à être collaboratifs : si tu as remarqué une erreur ou si j'ai oublié des informations importantes, n'hésite pas à me le dire via le formulaire de contact.
CATÉGORIES
Cet article t'a plu ?
Alors tu vas adorer les lettres que j’envoie de temps en temps où j'approfondis des sujets partagés sur ce site !
⚠️ Avertissement important
Je ne suis ni médecin ni sage-femme et je ne pratique aucun acte médical. Les informations que tu trouveras sur ce site et sur le générateur de projet de naissance sont là pour t’accompagner, t’informer et te rassurer pendant ta grossesse, ton enfantement et ton post-partum, mais elles ne remplacent jamais l’avis d’un professionnel de santé.
Si tu as le moindre doute, un symptôme inquiétant ou une situation urgente, n’hésite pas à contacter ton médecin, ta sage-femme ou un autre professionnel qualifié.